En ce mois d’avril 2018, un mot revient fréquemment dans l’actualité : l’autisme. La raison de cette visibilité accrue est double :

• Le 2 avril a eu lieu la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme au cours de laquelle la planète s’est parée de la couleur symbolique bleue. Au Siège des Nations Unies à New York, cette célébration s’est concentrée sur l’autonomisation des femmes et des filles autistes et sur leur participation (ainsi que leurs organisations représentatives) aux processus de prise de décision. Une thématique faisant échos à la résolution adoptée en novembre 2017, par l’Assemblée générale des Nations Unies sur les droits des femmes et filles handicapées dans le cadre de la mise en œuvre de la Convention relative aux droits des personnes handicapées et le protocole facultatif s’y rapportant. Cette résolution vise notamment à inciter les États à lutter contre les formes de discrimination multiples et croisées à l’égard des femmes et des filles handicapées, les empêchant de jouir de tous les droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales, pourtant universels.

• Le 6 avril le gouvernement a dévoilé son 4ème plan autisme, #ChangeonsLaDonne, dont les principaux enjeux sont la prévention, le diagnostic précoce et l’inclusion sociale. Avec 344 millions d’euros alloués sur 5 ans (2018-2022), il s’agit pour la France de rattraper son retard important dans ces domaines, avec 5 engagements de taille :
1/ Remettre la science au cœur de la politique publique de l’autisme en dotant la France d’une recherche d’excellence (14 millions d’euros)
2/ Intervenir précocement auprès des enfants (106 millions d’euros)
3/ Rattraper notre retard en matière de scolarisation (103 millions d’euros)
4/ Soutenir la pleine citoyenneté des adultes (115 millions d’euros)
5/ Soutenir les familles et reconnaître leur expertise (6 millions d’euros)
Même si l’enveloppe financière est en hausse par rapport à la précédente (205 millions pour le 3ème plan), les associations ont exprimé leur déception liée au décalage entre les ambitions affichées et les moyens alloués (tous les détails sur www.autisme.gouv.fr).

Visuel d'accompagnement de l'article sur l'autisme

L’autisme est un mot que tout le monde connaît mais qui regroupe une réalité que finalement peu de personnes « maîtrisent ». C’est un trouble neuro-développemental qui affecte à la fois la communication (verbale et non verbale), les interactions sociales, et les comportements avec des intérêts restreints, des activités stéréotypées, répétitives, obsessionnelles, des rituels… Plusieurs aspects du développement sont donc touchés : l’autisme appartient ainsi à la famille des Troubles Envahissants du Développement (TED). La sévérité et la forme des troubles varient d’un individu à l’autre et l’autisme peut être associé à d’autres déficiences. À date, il n’existe pas de traitement permettant de guérir de l’autisme. Néanmoins, une prise en charge précoce et adaptée permet d’améliorer les symptômes.

En France, environ 700 000 personnes présentent un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Seulement 0,5 % des autistes travaillent en milieu ordinaire ! Il est plus que temps de se mobiliser autour de cette question de société, faire changer les mentalités et le regard porté, en finir avec l’exclusion et permettre à chacun, quel que soit sa singularité et ses besoins spécifiques, de trouver sa place dans la collectivité et participer à la vie de la communauté.

N’oublions jamais que la diversité nous enrichit. A nous de lui donner une pleine visibilité…