Venise² - E-Hlab.com
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Venise²

Type
 O’Graphic

 

Ce billet est la première partie d’une série d’articles proposant d’appréhender des villes européennes au travers d’un regard photographique décalé et subjectif. Accompagné de réflexions portant sur le graphisme et l’art, ce regard s’attarde principalement sur le rapport entre la ville et les formes esthétiques qui s’y développent.

 

Confrontation entre la ville de Venise à son alter ego des Flandres, Bruges.

 

Si, d’un point de vue historique les deux cités possèdent une indéniable force artistique, elles opposent deux façons d’exister et d’étreindre ou non les évolutions du temps.

 

D’un point de vue graphique et esthétique, Venise vise avant tout la préservation d’une époque révolue dans une représentation en boucle continue, Bruges, elle, a choisi de lier son patrimoine aux évolutions des époques.

 

Que ce soit en matière d’affichage, de Street Art ou de design, ces deux villes paraissent s’opposer dans la marche à suivre. Dans la cité des doges l’affichage est limité en nombre et en design, tandis que la Venise du Nord semble jouir d’une plus grande liberté et d’une aisance dans le traitement graphique. Il en va de même concernant le Street Art. Si pour l’une, cette pratique serait fraîchement accueillie (même si existante) de par son besoin de préservation, qu’elle soit esthétique ou physique (les peintures, encres et colles, ayant une fâcheuse tendance à abîmer des pierres déjà fortement usées). Pour l’autre, ce moyen d’expression semble mieux perçu et même valorisé dans le cadre d’un rapport entre la création et son support, le fugace et le pérenne, le vivant et l’inerte, l’actuel et l’historique.

 

Street art à Venise

Street art à Venise

 

 

Un autre aspect du design graphique marque un écart important entre les deux villes, il s’agit de la culture de la lettre. Dans la ville de Venise, le lettrage bien que présent est particulièrement ciblé, par exemple sur les pontons d’accostage du Vaporetto (bateau bus du grand canal de Venise) avec un beau lettrage noir sur fond jaune.

 

Affichage vaporetto Venise

Affichage vaporetto Venise

 

 

Pour ce qui est de Bruges, le design par la lettre est partout. Des numéros de rues aux enseignes en passant par les panneaux et le mobilier urbain, tout est pensé avec une esthétique graphique. Noir sur fond blanc, blanc sur fond rouge,…, lettres dessinées à la main, découpées dans le papier, dans la tôle, sculptées dans la pierre, l’esthétique typographique est à la fête. Il va sans dire que l’origine géographique du caractère d’imprimerie et son développement aura joué un rôle fondamental dans cette profusion, mais il semble que l’amour de la lettre soit si ancrée dans la culture locale que son utilisation à bon escient en parait naturelle, évidente. Le logo de la ville lui-même en est un exemple par une utilisation contemporaine de caractères d’apparence classique.

 

Affichage dans les rues de Bruges

Affichage dans les rues de Bruges

 

numéros dans les rues de Bruges

Numéros dans les rues de Bruges

 

Mais à Venise, c’est bien la couleur et le contraste qui décuple la magie de la ville. La blancheur des églises s’oppose aux demeures colorées, les linges multicolores tendus, les gondoles laquées et richement habillées, les palines aux couleurs des grandes familles et cette teinte si particulière de la mer adriatique font vibrer l’œil.

 

Malgré cette opposition de style entre une ville musée farouchement agrippée à son patrimoine et une ville galerie vivant des échanges avec son temps, ce duo de Venises possède des attraits graphiques et artistiques jouant entièrement leur rôle au sein de leur rayonnement.

 

 

(crédit photo : Rémi Hascoët)

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