La énième conférence internationale sur le climat qui démarre ce lundi 30 novembre 2015 au Bourget rassemblera près de 40 000 personnes représentant 195 Etats et exposera des réflexions et pistes de solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement planétaire. Des pourparlers qui remontent au Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992 avec la prise en compte de l’amenuisement des ressources naturelles mondiales ; conséquence notamment d’une surexploitation, mauvaise gestion des ressources planétaires et répartition déséquilibrée des richesses. De cette conférences sont attendus une plus grande implication des Etats et un accord sur le financement des politiques climatiques. Mais quelle place pour les territoires, les peuples et catégories de population les plus impactés par le réchauffement climatique ?

 

Délaissés pour compte d’ici et d’ailleurs
L’interdépendance des citoyens au sein d’un pays et des peuples au niveau mondial est une réalité incontournable. La COP21 pose le postulat de la capacité collective des peuples à gérer les problèmes planétaires. Or cela ne saurait se faire dans l’ignorance et l’exclusion des principales discussions les peuples et les populations les plus fragilisés par nos modes de productions et de répartitions des richesses.
Selon un rapport récemment publié par l’ONG Rights and Ressources Initiatives (RRI), peu de gouvernements présents lors de la COP21 mentionnent les droits des peuples indigènes dans leurs politiques environnementales ou de conservation de la nature. 26 des 47 pays étudiés ne font aucune référence aux pratiques des peuples indigènes liées à la gestion des terres**. Si 80{3efcd36cb2ad05e83537e256c0e60d93531716a44c5997ed12af048f4ba2440e} des régions les plus riches en biodiversité au monde sont habitées par des communautés indigènes, ce n’est pas un hasard. Il est primordial de les associer aux discussions car leurs connaissances ancestrales approfondies des territoires et de l’environnement représentent un atout majeur pour rétablir l’équilibre nécessaire à la survie de la Planète Terre.

 

L’Afrique au cœur des enjeux
Nombreux sont les jeunes africains à s’insurger contre la déforestation et le pillage des ressources naturelles dont regorgent leurs pays avec la complicité de leurs Chefs d’Etat qui, pour la plupart, prennent part à la COP21. Facteur supplémentaire d’inégalité et de disparité, le réchauffement climatique accentue la précarité des populations les plus démunies (sécurité alimentaire, accès aux soins, l’eau, l’énergie, le logement…)
« L’Afrique ne veut pas se confiner dans une posture de victime. Un de nos grands soucis est de transformer le changement climatique en opportunité de développement » a déclaré Tosi Mpanu, ancien président du groupe Afrique aux négociations sur le climat. De plus en plus de jeunes citoyens du monde, soucieux du devenir de l’Afrique, prennent le taureau par les cornes : avec peu de moyens, ils sont nombreux à inventer des modes de production durables compatibles aux enjeux de préservation des ressources planétaires avec des projets inclusifs qui tiennent compte de toutes les couches vulnérables.
A titre d’exemple la société nigériane « Wecyclers » qui collecte des ordures infectant les rues de Lagos, crée des emplois par une contribution financière des foyers nigérians bénéficiant de son service et de la revente des tonnes de déchets collectés aux usines de transformation ; ou la société ivoirienne « Station Energy » qui fournit de l’électricité solaire sous forme de kit transportable dans les campagnes isolées en Côté d’Ivoire, au Benin, au Burkina Faso, au Sénégal.

 

Handicap et RSE : simple effet de mode ?
La COP21 est également une occasion pour toutes les parties prenantes de réaffirmer leurs engagements et responsabilité sociale au de-là de la problématique climatique.
Les personnes en situation de handicap font parties des populations les plus impactées non seulement par des pratiques non responsables sur le plan environnemental mais aussi social. Elles sont environ 15{3efcd36cb2ad05e83537e256c0e60d93531716a44c5997ed12af048f4ba2440e} de la population mondiale et 10{3efcd36cb2ad05e83537e256c0e60d93531716a44c5997ed12af048f4ba2440e} de la population française. L’exigence de l’égalité de traitement et la protection contre les discriminations devrait par conséquent aboutir à des stratégies de développement durables qui dépassent le seul cadre des obligations légales. Levier d’innovations, il n’est plus à démontrer que le handicap permet des solutions profitables à la société dans son ensemble.

 

La COP21 tiendra-t-elle ses promesses ?
A retenir dans tous les cas, la nécessité d’impliquer dans toute démarche de recherches de solutions ceux qui ont su prendre soin de la nature depuis la nuit des temps, d’encourager toutes les parties prenantes à engager une vraie démarche RSE adossée à leur stratégie d’entreprise, de donner les moyens d’agir à la jeunesse du monde assoiffée d’apporter sa contribution à la création d’une société monde durablement prospère.

 

*Conference Of Parties (ONU)
**http://uk.reuters.com/article/2015/11/18/climatechange-summit-indigenous-idUKL8N13D0FM20151118