L’ouvrage l’Art d’être différent : Histoires de handicaps vient de recevoir le premier prix Handi- Livre de la catégorie Biographie ce mardi 24 novembre 2015 lors d’une cérémonie à la Bibliothèque publique d’information et centre national d’art et de culture George Pompidou. C’est un travail collectif qui témoigne de fragments de vie des co-auteurs dont fait partie Deza Nguembock, directrice de l’agence E&H LAB à l’initiative de ce projet.
Deza Nguembock (DN) répond aux questions d’Astou Arnould (AA).

 

AA : Pourriez-vous nous parler de la genèse de ce travail ?
DN : Le livre l’Art d’être différent : Histoires de handicaps s’inscrit dans la continuité du concept Esthétique & Handicap qui est un travail que j’ai initié en 2007 autour des représentations sur le handicap et de la gestion du regard vis-à-vis de soi-même et des autres. Il y a eu les expositions Esthétique & Handicap et Be Thyself, le film Miroir de mon âme qui a donné matière au livre l’Art d’être différent : histoires de handicaps.

 

AA : Comment le choix des co-auteurs s’est effectué ?
DN : C’est une histoire de rencontres, de belles rencontres. La première a été Marie en 2007 lorsque j’étais à la recherche de modèles pour intégrer le concept Esthétique & Handicap. Marie était alors prête à m’aider à trouver des modèles, mais elle ne se projetait pas elle-même dans ce travail. La seconde a été Nicolas qui m’a été présenté par Marie et j’ai tout de suite été conquise. Benoît a été ma troisième belle rencontre par l’intermédiaire d’un journaliste et ami commun. En guise d’introduction, Benoît m’a adressé une lettre qui m’a d’ailleurs inspiré le film Miroir de mon âme dans lequel on voit se développer une amitié, une complicité au cours de nos riches échanges et réflexions. Le format du film ne permettant pas d’exploiter toutes nos réflexions, j’avais décidé de les prolonger dans un livre. Il se trouve que Blandine, que j’avais connue dans mon précédent emploi, s’est proposée de travailler sur ce projet. J’ai rencontré Lalie en dernier à travers ses publications sur facebook. Lalie et moi avons eu quelques échanges intéressants si bien qu’à un moment donné, j’ai voulu lui confier ces entretiens, mais avec du recul j’ai décidé de laisser Blandine s’en charger car cette dernière était plus neutre par rapport au monde du monde.

 

AA : Qu’avez-vous ressenti sur le podium au moment de la remise de ce prix ? Et plus largement que retiendrez-vous de cette soirée ?

DN : J’ai découvert beaucoup de beaux projets qui méritent plus de visibilité au delà du milieu du handicap. Nous étions dans un haut lieu d’art et de culture qui s’investit pleinement pour l’accessibilité de tous les publics, j’en étais émue. Concernant ce prix, je le dédie à l’Association pour le Rayonnement d’Esthétique et Handicap (AREH) et au collectif qui a travaillé pour ce projet, aux institutions qui m’ont fait confiance je pense notamment à la Fondation de France et aux Editions Erès ; et évidemment à tous nos lecteurs.

 

Le Prix Handi-Livre
Ce prix est né de la volonté du Président du fond de dotation Handicap & Société pour encourager les auteurs à s’emparer des sujets qui mettent en lumière des personnes en situation du handicap et des ouvrages traitant du handicap. L’existence de ce Prix Handi-Livre offre un espace qui valorise ces différents écrits, participe à la réduction du boulevard désertique de l’accès à la connaissance par le livre pour une population présentant divers handicaps.

La cérémonie de remise de ce prix crée aussi une occasion de réunir les acteurs du handicap (associations, personnalités du monde du handicap, les entreprises partenaires, le personnel médico-social etc.).

Pour cette 10ème édition du Prix Littéraire Handi-Livre, 30 ouvrages ont été présélectionnés pour la compétition et étaient répartis dans 6 sections (roman, biographie, guide, livre adapté, livre jeunesse enfant, livre adolescent) et 6 ont été primés dont : « L’Art d’être différent ».