Visuel de la campagne Piétinons les préjugés - changeons la perception du handicap - sensibiliser

Selon le Larousse, sensibiliser c’est rendre quelqu’un, un groupe, réceptif à quelque chose pour lequel il ne manifestait pas d’intérêt.


Sensibiliser au handicap c’est donc, d’une certaine manière, susciter de l’intérêt pour ce sujet. De nombreuses structures se sont attelées à cette tâche et proposent aux entreprises, aux institutions, au grand public des actions de sensibilisation aux handicaps. Leur enjeu est d’amener les bénéficiaires de ces sensibilisations à modifier leur perception sur les situations de handicap au travail, dans la vie quotidienne, et de faire tomber les idées reçues. Les formats sont divers : affichage, plaquettes, vidéos, e-learning, mises en situation, ateliers, quizz, jeux, pièces de théâtre, etc. assortis d’échanges, de discussions et d’apports théoriques…

Il existe de très nombreuses initiatives menées dans ce sens, aussi est-on en droit de se demander pourquoi l’inclusion sociale et professionnelle des personnes handicapées est encore et toujours aussi difficile. Sans nier les progrès accomplis, pourquoi tant de freins perdurent ? Les sensibilisations ont-elles réellement les effets escomptés ? Ces dernières prônent le comprendre pour agir mais le passage à l’action et la mobilisation se font-ils vraiment ? Beaucoup de personnes témoignent que leur regard a changé sur le handicap, qu’elles ont désormais les premières clefs pour aller vers l’autre et ne plus avoir peur de la différence. Ont-elles pour autant les outils appropriés pour faire bouger les choses, faire évoluer les pratiques ? Les sensibilisations peuvent laisser les participants devant un sentiment d’impuissance en ne suggérant pas de solution pour transformer ce qui doit l’être. Il est donc important que les démarches de sensibilisation s’inscrivent dans un processus qui permette non seulement de susciter la réflexion, la prise de conscience et l’intérêt mais aussi de passer à l’action. Elles doivent promouvoir des solutions alternatives, des idées nouvelles, des axes concrets de bonnes pratiques afin de répondre à des besoins profonds. Et les entreprises, les institutions, doivent décider de positionner ces sensibilisations dans une démarche pérenne et non adopter une approche éphémère, qui « occupe » leurs employés ponctuellement à l’occasion de la semaine/journée du handicap.


Même s’il est vrai que sensibiliser n’est pas former, il est capital de trouver des propositions intermédiaires inscrites dans la durée et ainsi de (re)donner à chacun le pouvoir d’œuvrer pour un mieux vivre ensemble. Car nous sommes tous concernés…

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